Indonésie // Partie 2 – Est de Java : entre temples et volcans

Du 21 février au 25 février

Nous quittons Bandung reposés après ce séjour improvisé chez Marie-Laure et Serge, incroyable d’avoir eu un tel accueil de personnes qui nous étaient encore inconnues il y a 5 jours !

Pour rejoindre Yogyakarta, l’idéal c’est le train et rien que le trajet vaut le détour

Le standing est plus que correct, et c’est plutôt agréable de laisser les heures filer entre parties de Uno, tri de photo, journal de bord, câlins et couture (on coud des petits drapeaux des pays de notre périple sur les sacs à dos des enfants) …

Coline se fait une copine prof de design et dessine avec elle pendant quasiment tout le trajet soit 8 heures de train.

Et quand on prend le temps de lever le nez vers la fenêtre, les paysages sont magnifiques.

 

Notre passage dans la ville de Yogyakarta, Jogja pour les intimes, est plutôt éclair. Nous nous goupillons une journée de visite des 2 temples principaux de l’île de Java. Comme souvent, prendre une voiture juste pour nous revient moins cher que de partir avec un tour et on en profite pour partir un peu plus tard que les tours organisés, quitte à faire l’impasse sur le lever de soleil. Il y a quand même presque 1h30 pour atteindre notre 1ere destination, le temple de Borobudur.

Le temple de Borobudur est un incontournable de l’île de Java, à la fois  le plus grand temple bouddhiste du monde (datant de l’époque où bouddhisme et hindouisme cohabitaient à Java avant l’arrivée de l’Islam) et le site le plus visité d’Indonésie. Quand on arrive la chaleur est étouffante, il y a beaucoup de monde, principalement des groupes de collégiens en uniforme qui gloussent en nous regardant et les plus enhardis viennent nous demander les traditionnels selfies, on découvre que ce qui les fascinent autant dans nos physiques ce sont nos nez pointus !

Pour la 1ere fois depuis notre départ, on s’offre aussi une visite guidée en français et il faut avouer que cela donne une toute autre saveur à la découverte quand elle est ponctuée de récits et d’anecdotes.

Le temple a une forme de mandala ce qui plait aux enfants,

Nous retrouvons sur les bas reliefs de récits de la vie de boudhas et des stuppas au sommet, 72 au total,  abritant chacune des bouddhas assis.

Après un déjeuner dans un warung (restaurant) sur la route, nous rejoignons Prambanan, un ensemble de 240 temples  hindou. On déambule dans les temples pour découvrir les statues des divinités et les anecdotes rafraîchissantes de notre guide, les enfants posent surtout des questions sur les chauves-souris nichées dans les voûtes des temples .

Nous finissons la visite sous une pluie tropicale et regagnons la voiture trempés

Yogyakarta regorge de petits restos plutôt touristiques, et pour les enfants c’est le bonheur lorsqu’il y a des jeux à disposition

Le lendemain, nous décollons pour prendre un train qui doit nous mener à Probolinggo, ville qui n’a d’intérêt pour nous que d’être une base de départ pour la visite des 2 fameux volcans Bromo et Ijen, nos dernières étapes sur Java avant de rejoindre Bali.

Nous avons décidé d’éviter les tours packagés vendu depuis Joggykarta, histoire d’être un peu plus maîtres de notre destin, et de voir sur place comment organiser notre périple. Arrivés à la gare, nous apprenons que notre train aura au moins 2h de retard. En soit; ce n’est pas très grave, sauf que cela va nous faire arriver vers 21h à la guesthouse et il sera donc impossible d’organiser sur place notre excursion pour les volcans, les départs se font dans la nuit. Et on a aucune envie de zoner 1 jour de plus à Probolingo… On profite donc du temps du trajet pour trouver une solution bis et en quelques mails nous organisons l’emploi du temps des 2 jours à venir avec une agence de Bali.

L’arrivée à Probolingo nous conforte dans l’idée que, vraiment, une nuit cela va suffire. Première fois qu’on se sent un peu mal à l’aise en débarquant dans une ville, des jeunes en moto nous font un doigt d’honneur en passant… ambiance. Bref on sent que la concentration touristique dû au Bromo a fait quelques dégâts…

On essaye de se coucher le plus vite possible car les 2 nuits à venir vont être courtes.

Allez c’est l’heure de prendre des forces

Voici le programme :

Etape 1 : Bromo dans la nuit de vendredi à samedi :

  • Le chauffeur, qui va nous accompagner pendant ces 2 jours, vient nous chercher à 2h du matin dans la nuit de vendredi à samedi.
  • Arrivée à 3h du matin à un point de rdv au milieu de nulle part, mais un nulle part envahi de jeeps, avec un guide (qui nous baragouine un discours incompréhensible dans le bruit des moteurs, monte dans une autre jeep, nous perd, on ne le reverra qu’à la fin de l’épopée Bromo…) et un chauffeur de jeep (qui n’est pas le même que notre chauffeur, parce qu’au Bromo, tout ce business de Jeeps qui vont au volcan est canibalisé par la mafia locale…)
  • Notre Jeep nous emmène à un point de vue pour admirer le lever de soleil sur les volcans. Le trajet est déjà un peu anxiogène. On a un peu l’impression d’être sur le périph’ mais dans le noir total à part les phares de centaines de jeep qui montent chacune leur lot de touristes (le Bromo est lui aussi très prisé par les indonésiens et y aller un we n’était pas forcement le meilleur choix)
  • Vers 4h du mat, on est largué au bord de la route, le chauffeur de jeep nous fait comprendre dans un anglais approximatif qu’il faut marcher jusqu’au point de vue et là commence une autre épopée : on progresse au milieu de la route entre les rangée de jeeps garées des 2 côtés (toujours dans les gaz d’échappement) et cette fois, ce sont des motos qui nous harcèlent pour nous faire monter (il y a à peine 1km à faire à pied) et nous tournent autour sans tenir compte de nos refus polis puis agacés, puis vraiment furieux. Ils n’hésitent pas à nous foncer dessus pensant sans doute que renverser un de nos enfants va nous convaincre de faire appel à leurs services… Pour l’instant, on est en train de vivre la pire expérience touristique depuis le début du voyage
  • On arrive au viewpoint dans une marée de touristes indo et un état de nerfs invraisemblable (je suis en train de me dire que dans ces conditions hors de question de faire Ijen le lendemain) , c’est pas vraiment le trek de nuit auquel on s’attendait et toujours pas de trace de notre guide.. Heureusement, MapsMe (application qui permet de consulter des cartes hors ligne, l’appli indispensable de tout voyageur) nous sauve la mise et nous permet de repérer un spot un peu plus loin
  • De notre point de vue à l’écart, nous sommes seuls pour admirer  le lever du jour sur les champs de volcans Bromo, Batok et Semeru et la mer de sable… et là, on se dit que le jeu en valait la chandelle… c’est tout simplement magnifique une vue à couper le souffle et un moment volé à 5…
  • Sur le chemin du retour on recroise nos 4376 (ou presque) nouveaux amis, avant de faire la route à l’envers,

  • la jeep nous emmène cette fois au pied du volcan Bromo

où l’on retrouve tous nos amis plus quelques autres… Ici, ce n’est plus les motos, ce sont les chevaux le trip, pour ceux qui n’ont pas le courage de monter jusqu’au cratère. Et pour ceux qui comme comme nous refusent ce service (c’est séduisant sur le papier de monter à cheval jusqu’au volcan, mais on était déjà refroidi par le prix et quand on voit le cirque que c’est avec ces pauvres chevaux, c’est véto direct), il faut se résoudre à un nouveau harcèlement tous les 3 mètres et à se faire bousculer par les chevaux sur le chemin.

  • Bref encore une partie de plaisir… à nouveau récompensée par le spectacle du cratère impressionnant (800 mètres de diamètre et 200 mètres de profondeur quand même !), actif, grondant, vivant …. fascinant…. on se sent tout petit…

Marrant, beaucoup de capucines au pied des volcans
  • on reprend ensuite la jeep tout guilleret en chantant « Sur un volcan » de La Maison Tellier

  • Le reste de la journée est consacré à reprendre des forces avec une 1ere pause dej sur la route

  • On essaie de dormir dans la voiture qui nous rapproche de notre prochain objectif : Le volcan Ijen. On arrive vers 16h dans un hotel minimaliste pour essayer de grappiller un maximum d’heures de sommeil. L’atmosphère est surréaliste entre la déco des chambres effet « cellule de prison », les allers-venues dans l’hôtel ambiance « maison close » et l’ambiance sonore globale entre tempête, pluie diluvienne résonnant dans la cours et des chants du muezzin plutôt glaçants et sans fin.

Etape 2 : Kawa Ijen dans la nuit de samedi à dimanche :

  • A 22h quand on se réveille, on est plutôt frais et pimpants, l’humeur est au beau fixe. On arrive au pied du volcan après 1h de voiture. Cette fois, on retrouve bien nos 2 guides au pied du volcan qui nous aident à nous équiper : gants, bonnets et surtout masques à gaz
Parés pour la descente
  • La découverte du volcan passe d’abord par une ascension d’environ 2h sur un large sentier qui nous semble vraiment facile par rapport à ce qu’on attendait. La nuit est très belle, on a beaucoup de chance pour la visibilité. On progresse sous une myriade d’étoiles, et on devine les sommets environnants, qui présagent des paysages magnifiques de jour.  On marche à côté des porteurs de souffre équipés de petites charrettes qui montent comme nous ou qui redescendent leurs premiers chargements de la nuit.

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Les porteurs et les mineurs du Kawa Ijen

Quand on croise ces travailleurs avec qui on partage le chemin vers le cratère, on ne peut être qu’impressionné et interpellé par ce qui ressemble à un des métiers les plus difficile du monde…

Les mineurs collectent le souffre émanant du lac acide dans le fond du cratère ( il s’agit du plus grand lac acide du monde) que les porteurs ramènent en remontant le cratère puis en redescendant le volcan. Ils ne portent pas de masque à gaz car cela entrave leur capacité respiratoire et donc leur rapidité d’exécution. Ils portent jusqu’à 100kg de minerai qu’ils remontent dans des paniers et descendent dans des espèces de charrettes lors de leurs deux aller-retours quotidiens (ils sont payés au kilo de soufre extrait). Ils sont bien sûr perpétuellement exposés aux gaz, vapeurs toxiques et fumées émanant du lac acide. Il semblerait que leur espérance de vie est de 40 ans.

Mineur – Copyright agence Indotravel
copyright Agence Indotravel
copyright Agence Indotravel

Pour couronner le tout, ils fument quasiment tous quand ils font une pause sur le chemin (en Indonésie, le marketing de la cigarette bat son plein, il y a un gros lobby des fabricants bien soutenu par l’Etat qui en profite grassement)

Ils sont plutôt ouverts, souriants et contents d’échanger avec les touristes pour pratiquer leur anglais (perso à leur place j’aurai du mal à tolérer ces obstacles supplémentaires (=les touristes qui se traînent) sur un chemin si difficile).

Nicolas Hulot a fait une émission Ushuaia sur eux il y a une 30aine d’années, ils en ont super fiers et en parlent dès qu’ils ont compris que tu es français : ils ont tous un oncle ou un cousin qui faisait parti du reportage..

Nos 2 guides Hari et Reboot ont tous les deux exercés ce métier avant de devenir guides.

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  • De notre côté, après cette montée les doigts dans le nez, les choses se compliquent. Enfin surtout pour moi. Arrivés en haut du cratère, on aperçoit vaguement les fameuses flammes bleues au fond. La descente dans le cratère, surtout avec des jeunes enfants, est conditionnée par la météo et par l’approbation du guide professionnel. Hari estime que nos 3 crapahuteurs sont en mesure de tenir le choc et nous nous engageons sur le chemin qui mène au cratère.

Alors pour être honnête, la descente a été une épreuve pour moi et pour mon cœur de maman…, c’est long, cela m’a semblé interminable… C’est difficile, même dans le noir je sentais le vide ambiant et le vertige monter, surtout quand je voyais mes 3 petits loups devant. Ils ont, comme d’habitude, assurés comme des champions en marchant vaillamment sans une plainte pendant que je faisais moins la maligne derrière.

Photo de famille sur fond de flammes bleues

Arrivés au fond le spectacle est stupéfiant… Les flammes bleues, le lac acide. Ambiance centre de la terre garantie, voici la vidéo prise par Hari cette nuit là.

Par contre, l’épreuve n’est pas terminée. On contemple les flammes bleues et Clém commence à s’endormir sur mes genoux, je n’arrive pas à le tenir éveillé, Dam et les 2 guides se sont approchés des flammes je suis seule avec les 3 enfants et je flippe en imaginant que Clément risque d’être intoxiqué dans son sommeil.

Ensuite pendant la remontée, on s’arrête pour admirer le lac acide

et puis, on se retrouve coincés dans un nuage d’acide avec ordre de nos guides de remettre les masques, fermer les yeux et ne plus bouger pendant ce qui me semble encore une éternité car Clément commence à pleurer à côté de moi.

 

La remontée est difficile, on a du mal à respirer, Hari assure en portant Clém pendant une bonne partie du chemin le reboostant à coupe de shoot d’oxygène mais perso tant qu’on est pas sorti de là je suis encore bien en stress.

Remontée difficile
Mère inquiète

L’ambiance en vidéo :

Sortis du cratère, on est exténués, soulagés, fiers de nos petits marcheurs, plein de reconnaissance pour nos guides. Rebout s’est pris d’affection pour Coline et semble admiratif de la performance des enfants, il n’arrête pas de me répéter qu’ils sont top.

Rebout et Coline
La dream team au bout du rouleau
On sort Trissou le tricératops du sac pour un câlin bien mérité

La descente se fait dans une sorte de nuage, tout autour de nous et très beau et on discute aussi avec un porteur qui a fini « sa journée ».

Petite photo avec notre chauffeur

Voilà, l’aventure javanaise se termine, dernier repas dans une famille avant d’embarquer pour le ferry et pour découvrir Bali

 

 

 

 

 

4 commentaires

  1. Ouahhh ! Capu ! Profession grand reporter et excellente journaliste 😘
    Toujours aussi passionnant mais bien flippant. Peut être pas le pays où j’irais en priorité.
    Et encore bravo aux enfants qui ont « assurés  » .
    Bisous

  2. Formidable !!!
    Et deux bonnes nouvelles : 1) plus de temples dorés, 2) plus de t-cheurte « Flie Emirétes » !!
    (et j’espère que les gravures dans les temple, c’était pas plein de kamasoutra !!)
    Et les volcans, superbes !
    Merci aux explorateurs !!

  3. Impressionnante épopée! Bravo à tous!
    Et merci aux enfants d’écrire, Léontine et Basile sont heureux et impressionnés de les lire. On vous embrasse

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