Myanmar // Partie 5 – Yenangyaung

9-11 janvier

Mais comment se retrouve-t-on à Yenangyaung me demanderez vous?

Nous avions depuis un moment repéré ce lieu un peu différent au Myanmar où il y a la possibilité de séjourner dans une guesthouse (https://www.leithargone-guesthouse.com/) lié à un projet d’école et de développement local.

Après Bagan, nous décidons donc de faire l’impasse sur Mandalay et nous voilà en route pour Yenangyaung située à 2h de Bagan dans la région de Magway, sur la rive orientale de l’Irrawaddy. C’est définitivement hors du parcours habituel et à Bagan personne n’a l’air de connaitre. On finit par se payer le luxe d’un van privé pour s’y rendre en se disant qu’à 5 de toute façon ça ne serait pas forcement beaucoup plus cher en bus 🙄 (et aussi parce que comme ça on se fait un rab d’1/2 journée d’ebike dans Bagan)

Nous voici donc là :

Lorsqu’on arrive à la fin du jour, on a juste le temps d’apercevoir la vue de la guesthouse, perchée sur l’Irrawaddy, qui est juste à couper le souffle. Même notre chauffeur estomaqué descend pour l’admirer.

Nous aurons l’occasion de profiter tous les soirs de notre séjour des couchers de soleils parmi les plus beaux que j’ai vus :

La guesthouse est un peu au dessus des moyens mais c’est pour la bonne cause et en plus, on est plutôt pas mal installé, Dam vous fait la visite guidée :

La première matinée, nous décidons de nous balader jusqu’en bordure du fleuve Irrawaddy. A peine sortis de la guesthouse, nous traversons le village et au fur à mesure une petite troupe d’enfants (et une maman) se joignent à nous.

Nous traversons la fabrique de brique, on ne peut plus artisanale qui doit être l’activité principale du village :

Arrivée à la fabrique de briques

La terre est insérée dans des moules pour lui donner la forme des briques
Les briques sèchent au soleil
Les femmes transportent les briquent sur la tête vers les fours pour finir de cuire les briques
On part de la fabrique direction le fleuve, les enfants ont l’air de rester avec nous

Nous traversons les champs et croisons des maisons isolées et des paysans au travail.

Nos petits acolytes vont nous escorter toute la matinée, et nous communiquons encore une fois sans échange verbal (encore une fois les quelques mots d’anglais échangés sont : « Hello » « babies  » et « Biou ti pou » (cf l’exemple de dialogue type dans l’article du trek.)

Mais au final, nous partageons beaucoup de moments : les petites filles ne lâchent pas la main de Coline, les garçons courent devant, la maman nettoie les chaussures de Clément qui s’enfonce allègrement dans la boue, nous partageons un goûter sur les rives du fleuves en faisant des concours de lancer de boue ou des sculptures en terre. Sur le chemin du retour, nous les aidons à ramasser des haricots et plantes glanés sur le bord de la route

On retrouve les chars à bœufs, comme partout dans la campane Birmane

Le soleil commence à taper, un arrêt crème solaire s’impose. Les petites filles troquent leur thanaka contre notre Photoderm Kids Mousse

Déformation professionnelle « #Bioderma

Clément en profite pour perdre sa chaussure dans la seule flaque de boue à 1 km à la ronde pour la 1ère (et pas la dernière fois de la journée). Cela fait bien rire maman birmane
Une maison au milieu de nulle part
Courage on arrive bientôt
Arrivée sur les berges de l’Irrawady
Concours de lancer de boules de boue
Ramassage de plantes

Petite pause avant de se séparer

Arrivés au village, nos chemins se séparent sans cérémonie comme ils s’étaient croisés.

Encore une fois, nous avons vécu un moment hors du temps dans ce Myanmar tellement attachant. La seule note un peu triste a été cette scène qui restera symbolique du problème des déchets constaté partout : nous avons offert des gâteaux aux enfants et il ont jeté les papiers sans l’ombre d’une hésitation sur le bord de la rivière et nous regardaient avec des yeux ronds quand nous avons ramassés (goutte d’eau dans une mer de déchets). Incompréhension réciproque.

Il faut voir aussi l’envers du décors, partout même dans le village, cela ressemble à ça :

Ce soir là, nous aurons une discussion passionnée avec les enfants sur le sujet pendant le dîner. Ce voyage aura au moins le mérite de les avoir sensibilisés au sujet c’est peu de le dire.

De notre guesthouse, nous continuons à entendre les clameurs du villages, les bruits du village, les chants des pagodes (il y a des teufs dans toutes les pagodes dans le coin)… Deux mondes

C’est farniente piscine et devoirs pour nous

Les Top, gâteaux préférés des enfants ici.

 

En route pour les devoirs

Le lendemain, le cadre du petit-déjeuner est pas mal non plus. On boucle les sacs tranquillement avant la visite à l’école The Light of Love Private High School (LOL)

 Quelques éléments de contexte avant la visite de l’école

Comme sur beaucoup de sujets, les années de dictature ont été dévastatrices pour l’éducation en Birmanie. C’est un beau gâchis quand on sait que la Birmanie possédait l’un des meilleurs systèmes éducatifs d’Asie du Sud-Est avant l’arrivée au pouvoir de la junte militaire.

Si l’école a, théoriquement, toujours été prise en charge par l’état birman, la junte a drastiquement réduit le budget (2% vs environ 40 % pour l’armée) et les dépenses supplémentaires incombant aux familles ont été un vrai frein à l’éducation des enfants (il faut payer le matériel scolaire, les uniformes…) Etudier coûte cher et rapporte peu aux familles,  l’éducation est devenue un luxe dès l’école secondaire

Les monastères ont joué un rôle de substitution à l’état en prenant en charge gratuitement de nombreux élèves et leur garantissant un certain niveau d’éducation ( au moins  lire et  écrire)

Par exemple, Pho notre guide du trek Kalaw – Inlé, nous a expliqué qu’il avait été novice quelques années car trop pauvre pour aller à l’école. C’était pour lui un moyen d’avoir un enseignement (il faut savoir qu’on peut entrer comme novice pour le temps qu’on veut, le statut de moine n’est pas permanent, on peut entrer et sortir de la vie monastique comme on le veut).

La junte considérait que l’éducation était une menace, les professeurs étaient mal formés et muselés

Comme beaucoup d’universités sont restée fermées suite manifestations sanglante de 1988 contre la dictature de Ne Win pour éviter tout type de contestation, cela n’arrange pas les choses.

L’éducation qui est partout un sujet stratégique est encore plus un défi au Myanmar : Aung San Suu Kyi en a fait la priorité du pays.

Dans ce contexte, la visite de l’école The Light of Love Private High School (LOL) a été assez stupéfiante, c’est un projet plein d’espoir

Il s’agit d’une des rares école privée (ce qui explique la couleur violette des uniformes au lieu du vert des écoles d’état) de la région initiée par un homme Eric Trutwein,

L’école accueille environ 170 d’enfants qui sont pour la plupart des orphelins qui vivent chez un des membres de leur familles (oncle, tante, grand-mère). En théorie l’école publique est gratuite mais il faut quand même payer le ramassage scolaire et la cantine ; autant dire que sans l’aide de LOL, ils auraient autant de chance d’avoir accès à l’école que de retrouver un caillou dans une pagode de Bagan.  Certains sont atteints du VIH et ont accès aussi aux soins dont ils ont besoin.

L’école est financée par les revenus de la guest house où nous avons séjourné mais aussi par des associations dont les dons contribuent à aider plus généralement les familles : amélioration des logements, financement d’opérations ou traitement médicaux (traitement VIH, opérations des yeux pour les parents âgés…), achat de médicaments pour le dispensaire de l’école, achat de matériel scolaire et sponsorisation de sorties  culturelles au Mont Popa et à Bagan… Il y a de quoi faire

Professeure d’Anglais bénévole

Nous arrivons dans l’école au moment de la pause déjeuner et sommes accueillis par les enfants des grade 3 et 4 (environ 6-7 ans)

Les enfants entraînent rapidement les nôtre dans leurs jeux :

Les règles de l’école sont affichées et relues regulièrement aux étudiants. Il y a aussi les emplois du temps de chaque grade.

Nous avons été escorté pendant toute la visite par 2 jeunes de grade 8 (11 ans) qui ont pris à cœur leur mission et nous ont épatés par le sérieux avec lequel ils nous ont fait visité l’école mais surtout par leur niveau d’anglais plutôt impeccable. Et là, on sent qu’on est pas dans nimporte quelle école birmane (on l’a déjà évoqué, le niveau d’anglais est plutôt déporable)

Les associations partenaires font venir volontaires anglophones qui y font parfois des séjours pour mettre à disposition leurs compétences (et ils sont hébergés dans la guesthouse, pratique). Lorsque nous y étions, l’une des hôtes donnait des cours d’anglais aux enfants. Certains forment et proposent des outils pédagogiques aux professeurs birmans pour qu’ils soient capables d’enseigner l’anglais à leur tour.

L’heure de la reprise des cours a sonné, nos guides nous montrent les différentes classes. Les professeurs interrompent leur cours pour faire parler les enfants en anglais. Dès le jardin d’enfant, on leur enseigne l’anglais

Certaines classes étudient dehors car il fait chaud
C’est l’heure de la sieste pour les plus petits

Nos guides sont fiers de nous montrer des équipements plutôt exceptionnels pour une école birmane Notre visite de l’école touche à sa fin. Une belle journée pour finir en beauté notre aventure birmane.

On se fait ensuite une dernière balade dans la ville et au marché (qui ne doit pas voir beaucoup de touristes), dernière immersion dans ce Myanmar qu’on aura tant aimé :

Chargement tout ce qu’il y a de plus normal pour ici…

 

Un dernier Uno et ce soir, on embarque pour 24 de trajet direction la Thailande et les iles de la mer d’Andaman

 

Bye Bye Myanmar

12 commentaires

  1. magnifique ; on resterait bien là une quinzaine avec vous … c’est quoi le tanaka? la pommade que les enfants birmans ont sur le visage ? pour se protéger du soleil ? Quel message d’espoir que cette école ! …

  2. Salut les voyageurs, Nous partons fin Août pour un tour d’Eurasie et lASE et d’autant plus la Birmanie…avec cet article, nous en sommes convaincus!!!on note cette adresse et on essayera d’aller faire un petit tour là-bas…ski vs en avez d’autres, on est preneur (je vais m’empresser de lire tous vos articles sur la Birmanie 😉)
    Bon voyage à vous
    Sabine

  3. Passionnants ces reportages. Merci beaucoup. Ca doit être émouvant ces rencontres… Je vous devine émus par moments.
    Et ca ne doit pas être facile de devoir se quitter parfois!
    Je suis aussi saisie par votre regard sur les déchets, plastiques en particulier: avez vous imaginé la suite? des solutions possibles? Ca a l’air d’être partout pareil. On s’en reparlera 😉
    Bisous de nous 5

    1. on reparlera des déchets, oui ! C’est un sujet quotidien pour nous… on se sent bien seul avec nos projets Famille 0 Déchets vu ce que les riverains des fleuves et océans principaux d’Asie déversent dedans !
      Biz

  4. Déjà plusieurs mois à suivre les différentes étapes de votre voyage. Que de jolies photos et de merveilleux textes
    Les enfants ont l’air très heureux ainsi que les parents
    Que de soleil cela remonte le moral
    Je donne de tes nouvelles aux bureaux
    A bientôt pour la suite des aventures

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